01 juillet 2008
Silence is sexy
Un peu silencieuse donc depuis quelques
temps (ok, 1 mois presque) parce que la vie, tu vois, les gens, les choses, la
routine et l’aventure quoi. En fait.
Papua highlands – visite de terrain
Comme on l’aura compris, dans la mission
je suis celle qui est planquée en ville au bord de la mer tandis que les autres
vont à travers la terrible jungle affronter mille dangers pour soigner les gens
qui souffrent. Ok, j'exagère.
Pour me rendre compte, on me propose de
suivre l’équipe lors d’une clinique mobile dans les montagnes papoues :
permis de circuler et kit de survie de rigueur.
Me voilà donc partie pour Mulia (trouvable sur une carte) pour rejoindre Lumo (là non par contre), un village à 15 minutes de vol.
(le petit truc vert clair, c'est la piste, c'est du gazon, ça fait 150m,...)
Nous sommes donc largués par le plus petit avion qui m’ai été donné de prendre dans le village en question qui n’est en fait accessible qu’à pied ou par plus-petit-avion-qui m’ai-été-donnée-de-prendre plus près. Me voilà au milieu de nulle part dans mon magnifique T-shirt XXL, trop blanc avec un magnifique logo dessus.
C’est fantastique de se dire qu’il existe encore des endroits pareils complètement à l’écart de la modernité et de ses frissonnements. Pas d’électricité, pas de réseau de portable, même pas de coca-cola (et ça c’est vraiment fou ; c’est la première fois que j’y suis dans un endroit sans coca-cola).
Je donne donc un coup de main et me retrouve avec délectation à vitaminer et déparasiter les enfants. C’est un joyeux bordel d’enfants qui hurlent, jouent (avec des couteaux par exemple : ici, ça ne se fait pas de réclamer quelque chose même si c’est un poignard et que c’est un enfant de 2 ans qui joue avec), d’hommes nus (pardon vêtus du traditionnel étui pénien) qui se baladent.
Fin de la journée : je suis
recouverte des médicaments anti-parasitaires recrachés par les plus jeunes, et j’ai
réussi à faire pleurer 40 enfants. Bilan
plutôt positif donc. Les deux jours se passent, notre équipe se divise entre
ceux qui poursuivent la tournée des villages et ceux qui doivent rentrer
travailler sur leurs petits ordinateurs comme moi.
Normalement, la route qui relie le village
où nous travaillons à la bourgade où se trouve notre base avancée est de 8 heures.
Comme disent les gens ici : 15 kilomètres si on va vite et 30 kilomètres
si on va lentement.
On nous prévient que la route est un peu
difficile. Effectivement, nous nous retrouvons à descendre des côtes à 70°, à
passer des ravins sur des ponts dignes d’Indiana Jones (3 rondins et hop !
il faut ramper) et à grimper des roches tout aussi pentues. Mais les roches
pentues, c’est quand même mieux à grimper que de la boue parce que ça aussi on
a fait et grimper un mur de boue c’est quand même un peu dur.
Par contre, jamais je crois je n’ai été
dans un endroit aussi beau. La jungle, les bruits des insectes et des oiseaux,
la végétation qui tient encore de la forêt primaire : j’en oublie la
fatigue, les dangers.
Le trek demande beaucoup de concentration
et on se voit parfois déraper et s’écraser au fond et puis au tournant, on
découvre un nouveau paysage.
Je meurs et ressuscite tout autant de fois. Je prends quelques photos de paysages qui ne peuvent pas rentrer dans un cadre mais bon, autant essayer.
Nous finissons la route sous la pluie et
avec la nuit qui tombe. Nous traversons une dernière rivière à pied avant
d’atteindre un petit village où nous pourrons passer la nuit et hop, mes
vêtements sont tout propres. Pratique quand même.
On s’arrête donc dans une honaï, une
maison traditionnelle en bois avec toit de chaume. La particularité : une
pour les hommes, une pour les femmes. Gentiment, on nous accepte dans celle des
hommes pour qu’on reste en équipe. On échange patates douces contre café, on se
change comme on peut entre les fuites du toit et les 24 paires d’yeux qui nous
dévisagent et on s’installe pour la nuit.
Autre caractéristique du honaï : un
grand feu y brule pour garder les gens au chaud pendant leur sommeil et il n’y
a pas de cheminée, et on s’y sent vite comme dans un fumoir. Il y a aussi les
rats qui se cognent contre mon sac de couchage et tout le monde ronfle et
tousse. Comme j’ai eu la bonne idée de demander le mode de transmission de la
tuberculose (assez répandue dans la région) avant de dormir, je m’enfonce un
peu plus dans mon sac de couchage à chaque crise de toux (aussi à chaque
passage de rat).
Et hop, c’est déjà le matin, une patate
douce et on reprend la route.
Et puis enfin – parce qu’il faut bien
qu’on y arrive- on sent qu’on s’approche de la ville : des maisons, des
animaux, les téléphones mobiles qui remarchent. Et finalement, on se retourne,
on regarde les montagnes et on se dit qu’on ferait bien un petit demi-tour.
Photos dans l'album Papua - Mulia
Retour à la civilisation
Après ça bien sûr, la vie paraît très calme
et je suis toute frustrée d’aventures. Heureusement, voilà plusieurs jours que
je tourne autour de la moto en me disant qu’il va falloir s’y mettre, devenir
une femme indépendante et libre avec les cheveux au vent et un casque dessus
parce que sinon je ne vais rien voir.
Je commence donc doucement dans l’allée,
puis autour de la maison. Et ça, c’est sympa pour les voisins parce que le
dimanche ils s’ennuient et ça fait plaisir d’avoir un petit spectacle : ce
jour-là, la blonde apprend à passer les vitesses de sa moto. L’expatriation,
c’est aussi savoir ravaler son amour-propre.
Et finalement, après une folle journée sur
les collines de Jayapura, je suis prête à filer, seule ou accompagnée sur mon
fier destrier. Et J’assure, genre ‘moi, rester en seconde quand ça descend,
j’assume à mort’.
Le dimanche à Jayapura, c’est aussi le
jour des mariages
J’accompagne Antonia qui se marie dimanche
prochain au ‘Ronald Bridal Salon’. J’avoue, j’avais repéré l’enseigne depuis un
moment. Déjà, j’ai pu me rendre compte qu’il y a bien une communauté gay à
Jayapura et qu’ils sont tous regroupés à un seul endroit, qu’ils aiment les
paillettes et les robes meringues.
On vient juste pour un essayage de coiffure. Ca se transforme en préparation à l’indonésienne party : fond de teint intégral blanc, paillettes, ambiance ultrabrite et robe sissi. Et à côté, j’ai enfin l’air bronzée.
Jesus loves Papua
Aperçu à un festival de danses traditionnelles, un T-shirt ‘Jesus loves Papua’. Ai cherché, n’ai pas trouvé.
Ai trouvé, par contre, la star de la journée.
Au cours de mes investigations ai découvert: une belle sélection d’autocollants
pour voitures (‘Don’t follow me, follow Jesus’ étant mon préféré) et de
T-shirts (mon préféré ? les clous ensanglantés avec la mention ‘My saviour
is tougher than nails !’).
Passez vos commandes (3 euros le Tshirt,
50 centimes l’autocollant) !
Autres photos dans l'album Papua- Jayapura
Commentaires
j ai trouvé " Mulia " sur la carte .. c est un peu loin et nuaageux!
des bises
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